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15e rencontre d'égyptologie de Nîmes

La 15e rencontre égyptologique de Nîmes aura lieu le samedi 18 janvier 2020 et portera cette année sur "Les royaumes antiques de Nubie".


Cinq conférences seront présentées :


La première campagne du Third Cataract Project conduite par l’Egypt Exploration Society. Résultats préliminaires et perspectives futures ; par Cédric Gobeil

En février 2019, l’Egypt Exploration Society a démarré une nouvelle mission archéologique au Soudan, à la hauteur de la troisième cataracte du Nil. Ce nouveau projet vise deux objectifs principaux : comprendre l’influence mutuelle des cultures nubiennes et égyptiennes dans cette région, et comment l’environnement local a contribué à façonner l’occupation humaine du secteur dans la diachronie. Les premières données recueillies montrent une situation beaucoup plus complexe que les précédents sondages ne le donnaient à penser.

Cette présentation sera l’occasion de passer en revue les premiers résultats obtenus, entre autres, grâce aux premières fouilles systématiques à avoir été menées sur une zone d’habitat unique dans la région, le site HBB017, daté du Nouvel Empire égyptien. Ce premier état des lieux permettra, en définitive, d’examiner quelques perspectives futures venant éclairer le potentiel de ce projet.


Les archives des fouilles de John Garstang à Méroé (1909-1914) ; par Aminata Sackho-Autissier

John Garstang (1876-1956) dirigea la mission archéologique à Méroé pour le compte de l’université de Liverpool de 1909 à 1914. Durant ces quatre campagnes de fouilles intensives, l’archéologue a mis au jour une partie de la « cité royale », dont le quartier religieux encore marqué de nos jours par le grand temple dédié au dieu Amon. Ses archives de fouilles sont conservées au Garstang Museum of Archaeology de l’université. Elles sont constituées des carnets de fouilles, des notes et de la correspondance du fouilleur ainsi que les catalogues des expositions annuelles et des ventes publiques organisées au retour de chaque campagne. A ceux-ci s’ajoutent un fonds photographique riche par sa grande variété qui oscille de la photo archéologique jusqu’au document ethnographique en passant par des clichés de visites d’officiels ou encore des scènes de la vie quotidienne des fouilleurs. Ces archives constituent donc une documentation de première main tant pour les travaux que mena John Garstang sur le site que pour la contextualisation des trouvailles dont la majeure partie des objets a été dispersée à l’issue des ventes au Burlington House ou donnée en échange de subventions que l’archéologue avait reçues d’institutions et de partenaires privés. La conférence présentera le fonds photographique des archives Garstang et, au travers d’une sélection, mettra en valeur sa richesse inépuisable.


Kerma, Napata, Méroé : les royaumes antiques du Soudan ; par Claude Rilly

Saviez-vous qu’alors que la reine Cléopâtre régnait sur l’Égypte, un autre pharaon, Téritéqas, gouvernait le Soudan ? Au sud d’Assouan, au pays de Koush, entre le milieu du troisième millénaire avant notre ère et la fin de l’Antiquité, se sont succédé de puissants royaumes, les premiers états historiquement connus d’Afrique interne.

Le Royaume de Kerma (2450 – 1500) connut son apogée durant la deuxième période intermédiaire et menaça l’Égypte de la XVIIe dynastie. Après six siècle de colonisation égyptienne (1500 – env. 900), c’est un nouveau royaume, très influencé par la culture pharaonique, qui se développe autour de la ville de Napata, au pied du Jebel Barkal, la « Montagne Pure ». Sa raide montée en puissance lui permet de s’emparer de l’Égypte et d’y établir la XXVe dynastie, dite « koushite ». Après leur expulsion d’Égypte par les Assyrien en 664, la monarchie koushite retourne à Napata et ne régnera dès lors que sur le territoire des cataractes du Nil. Vers 270 av. J-.C., une nouvelle dynastie inaugure la nécropole royale de Méroé, 300 km au sud de Napata. Le Royaume de Méroé, connu pour ses pyramides effilées et ses reines corpulentes, les Candaces, tombe sous les coups des Noubas, un peuple venu de l’Ouest, au début du IVe siècle de notre ère.

La conférence se conclura par un point sur le déchiffrement des textes méroïtiques. En effet, bien que les deux écritures de Méroé aient été déchiffrées depuis plus d’un siècle, la langue méroïtique reste encore insuffisamment connue, bien que des progrès conséquents aient récemment été accomplis.


L’apport de la céramologie à l’histoire du Soudan ; par Romain David

Contrairement à l’Égypte où la richesse et l’ancienneté des textes permet une reconstruction parfois très précise de son passé, le Soudan s’illustre par une apparition tardive et relativement limitée de l’écrit. L’archéologie y joue alors un rôle prépondérant pour renseigner les cultures qui s’y sont succédé. Parmi les découvertes réalisées lors de la fouille, il est un matériel documentaire qui, par son omniprésence, est à même de permettre des avancées décisives pour la compréhension de l’histoire du Soudan : il s’agit de la céramique. La connaissance de l’évolution des productions permet effet d’affiner la datation des niveaux archéologiques autant qu’elle illustre les dynamiques économiques animant les territoires. Comme objet culturel produit d’un savoir-faire technique, elle témoigne de la mobilité des hommes comme des idées. Enfin, comme objet fonctionnel, elle atteste des pratiques du quotidien, profanes et rituelles, dans des contextes domestiques, cultuels et funéraires. Par plusieurs exemples tirés d’études en cours, cette contribution définit les enjeux et les perspectives d’une discipline en plein essor. Elle s’attache à l’évolution des techniques, aux variations des échanges et à la multiplicité des usages pour composer une histoire dans laquelle l’évènement tend à s’effacer pour laisser la place aux hommes qui l’ont vécu.


Saï : une île aux mille visages ; par Vincent Francigny

En Nubie, région charnière entre mondes africains et méditerranéens, l'île de Saï a conservé des traces d'une histoire multimillénaire qui a vu se former les premières sociétés hiérarchisées et s'affronter les royaumes d'Égypte et de Kush. Depuis 2015, une équipe française explore ce site unique de la vallée du Nil où cohabitent les influences et les cultures du passé.


Nous espérons vous y voir nombreux,

L'association égyptologique du Gard



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